« July 2009 »
S M T W T F S
1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31
You are not logged in. Log in
Entries by Topic
All topics  «
Blog Tools
Edit your Blog
Build a Blog
RSS Feed
View Profile
Sailing Challenge : Marketing & Sponsoring Voile
Sunday, 30 May 2004
Reussir dans le Media Voile (part 1) : le circuit Mini 6.50
Document sans titre Investir le Media Voile, c’est souvent recycler l’espace journalistique en équivalent publicitaire, quand le bateau est beau, gros et performant, le circuit prestigieux, le skipper et ses copains VIP empathiques (surtout s’ils prennent bien la lumière). Bref, c’est du RP sportif à tendance people sur un avis de grand frais financiers. Mais c’est aussi une véritable stratégie, par étapes, mûrement réfléchie et planifiée quand chaque euro compte dans le ROI de nos petits princes mécènes. Aujourd’hui, le circuit Mini : 6,50 mètres de Maxi Attitude...

Evaluation et analyse du circuit Mini et de la Transat 6.50


Moyens à déployer
Forces
Faiblesses
Préconisations
Budget technique : Entre 30K€ et 90K€/an

Budget Com : entre 20K€ et 50K€/an

(le tout hors salaires et charges)

Staff : pas d’équipe technique ; le skipper et un Chargé de Com (amateur de voile sinon échec garanti...)

Prestataires :Une attachée de presse (ou une agence RP) et une trentaine de prestataires techniques à gérer (Internet, print, objets pub, achat d’espace, architectes, experts, déco/graphistes voile, vêtements, organisateurs courses, chantiers, voileries, audiovisuel, photographes, accastillage, électronique, loueurs, réceptif, assurances, juridique, logistique, capitaineries, organismes officiels, partenaires secondaires...)
Internationalisation croissante : 12 nations représentées en 2003 (dont les US et les NZ), circuit le plus international> investissement croissant des entreprises sponsors européennes et impact media étranger très supérieur aux supports français

Contraintes nautiques spectaculaires : c’est la plus longue transat en solitaire tout confondu sur des bateaux minuscules>performances humaines et impact media

Couverture géographique : tout le littoral français est concerné (Manche, Atlantique, Méditerranée); en Europe : Italie, Espagne et bientôt Angleterre ; et maintenant une Classe US www.miniclassus.com

Laboratoire d’innovations technologiques : la première quille pendulaire a été testée en course par Desjoyaux ; les innovations se retrouvent sur les 60 pieds monos>facteur de singularisation et forte image techno

Incubateur de champions : tous les plus grands marins sont passés par la Mini au début de leur carrière>appropriation du palmarès ; fort investissement personnel et aventure humaine

Circuit en devenir : potentiel important par rapport aux lacunes à combler et à l’image forte de performance humaine à développer

Investissement raisonnable : ticket d’entrée accessible et apprentissage du Media Voile pour une PME
Risques matériels : le manque fréquent de moyens, une préparation peu professionnelle et les tests d’innovations techno augmentent le risque de casse et donc d’abandons

Risques physiques : la taille du bateau impose une grande discipline et des compétences avérées pour limiter les risques personnels (plusieurs morts depuis 1977)

Manque de moyens de communication en course : les téléphones satellites ne sont pas autorisés ; pour la Transat, il y a des balises embarquées qui donnent la position 2 fois par jour ; pour toutes les autres courses, les positions se donnent par VHF au bateau accompagnateur quand celui-ci arrive à capter les concurrents>suivi de course et visibilité médiocre pour le public et les sponsors ; bulletin meteo BLU envoyé par les organisateurs>limite sécurité

Système de qualification discriminatoire : le système de pré-qualification impose maintenant de démarrer au minimum à N-2 pour espérer prendre le départ de la Transat>risque de non-visibilité ; aucun des protos lancés en 2003 n’a pu se qualifier>frein à l’investissement innovation et donc à son impact

Manque d’épreuves océaniques en année paire : en 2004, course des Açores : elle mettra plusieurs années à s’installer (d’autant que cette première édition intervient pendant la Solitaire du Figaro et les JO)

Faible mediatisation : les grands media (et les stars de la voile) sont absents ; presse régionale et spécialisées uniquement

Polémique sur la date de départ et le parcours : un peu tôt par rapport à des systèmes dépressionnaires tropicaux encore présent en septembre et beaucoup de navigation au près pour des bateaux conçus pour le portant (Transat)

Interprétations du règlement ambiguës : organisateurs juges et parties, amateurisme, lobbying trop marqué de la Charente-Maritime
Com : exploitation prioritaire en communication interne et relations clients. Privilégier les retombées media régionales

Homme : choix du skipper prépondérant : niveau navigation, compétences techniques, capacité à gérer ses prestataires et capacités relationnelles>polyvalence obligatoire
La culture voile en interne est indispensable pour gérer les relations skipper et prestataires techniques

Proto : forte technicité et haute technologie>différenciation concurrentielle en investissant dans la R&D

Série : véhicule les valeurs liées à la voile, à l’esprit pionnier et à l’aventure humaine

Media : éveiller l’intérêt sur le skipper en racontant une histoire; impliquer ponctuellement des stars sur des opérations de RP

Cyril Gouyette

Posted by sailingchallenge at 4:29 PM MEST
Wednesday, 25 February 2004
Les media de la voile : TV broadcasting (part 1)
Untitled Document Comme d'habitude, hélas, les français brillent par leur absence des grands enjeux économiques mondiaux en général et dans l'utilisation industrielle des instruments marketing au service du sponsoring voile en particulier. En toute logique, l'implication et les retombées des annonceurs passent par des relais audiovisuels structurés à forte diffusion internationale. Et comme d'habitude, ce sont les anglais et les italiens qui s'imposent en vrais patrons…
Deux études de cas concernant la télé voile : The Sailing Channel et Seamaster Sailing.

Sailing Channel est la seule chaîne européenne entièrement dédiée au nautisme et à la mer. Elle est diffusée dans une douzaine de pays via le cable ou le satellite (et maintenant en ADSL avec Free) et propose une trentaine d'émissions multilingues (français, italien, anglais) en boucle 24h/24.
Lancée par société italienne Numidia SpA , spécialisée dans la production et la diffusion de programmes télévisuels, la grille de programme aborde absolument toutes les thématiques de la voile et de la compétition au niveau mondial. Meteo, salons nautiques, yachts classiques, tactiques en régate, portraits de marins, yachts clubs, courses océaniques, solitaire, multicoques, design, industrie nautique, littérature, cuisine, tourisme, c'est plus de 1000 heures d'images produites par an.
Et bien sûr, le pragmatisme publicitaire est au rendez-vous. Positionnée dès sa création sur une cible haut de gamme CSP+ cultivée et à hauts revenus, la machine à cash commence à tourner à plein régime. Partenariats avec les diffuseurs, arrivée prochaine aux US, accords en tous genres avec les sponsors de la voile, parrainage de rubriques, productions déléguées, la ronde des spaghettis survitaminés ne fait que commencer.
Au fait, les bouffeurs de têtes de veaux pourront toujours digérer indéfiniment leur exception culturelle en s'abonnant au bouquet TPS…

Seamaster Sailing est un nouveau programme télé produit par la société anglaise APP Broadcast . Producteurs appointés par Kingfisher, BBC Sport, GBR Challenge, la Volvo Ocean Race, Around Alone 2002, l'America's Cup Jubilee, EDS Atlantic Challenge, Discovery Channel, UBS, Amer Sports, Skandia Life Cowes Week, British Olympic Sailing Team et on en passe, ils lancent un format mensuel d'une demi-heure qui synthétise l'actualité de la crème des évènements mondiaux et des skippers, présenté par la crème des envoyés spéciaux, à savoir Ellen MacArthur (encore elle ! ) et Dean Barker, skipper du team New Zealand.
Leur ambition est d'en faire clairement la référence mondiale de l'information nautique, autant pour les marins que pour les touristes télévisuels…
Et là, évidemment, pas d'exception culturelle : on diffuse plus massivement encore qu'un bataillon de bacilles mutants de peste bubonique. La pandémie cible plus de 530 millions de téléspectateurs dans 178 pays ; trois ans de planification et de négociation auprès de dizaines de networks et ça continue.
Et le support de propagation s'appelle Internet. Le site propose la liste des réseaux régionaux qui diffusent l'émission, l'inscription à une alerte des programmes par Email, le calendrier des évènements voile à venir et l'inévitable boutique, où l'on peut acheter en ligne le DVD Seamaster Sailing, à raison de 16,95 livres le mois d'essai ou 81,00 livres pour 6 mois (soit quand même 20% de réduction). Les frais de port étant inclus, quelque soit l'endroit de livraison sur la planète. Tout ceci est orchestré mediatiquement par Offshore Challenge, la société qui gère l'image et les projets sportifs d'Ellen.
Bon, et Thalassa, y fait quoi ?

Cyril Gouyette


Posted by sailingchallenge at 7:43 PM CET
Saturday, 21 February 2004
Lancement de la premiere Sailing Academy
Document sans titre Vous en rêviez ? Mike Golding vainqueur du Défi Atlantique et son sponsor Ecover l’ont fait : l’Ecover Ocean Sailing Academy (EOSA) propose désormais ses files d’attente aux impétrants voileux. Mais attention : pas question de recruter d’ex-gogo dancers ou des porno stars en mal de reconversion; la vocation de cette école est d’apporter conseils et assistance aux marins déjà engagés sur la voie du professionnalisme, c’est-à-dire ayant un pied en Figaro ou en 6.50. Au programme, des modules qui couvriront tous les aspects d’un projet sportif voile : architecture, médecine, communication, préparation à la Mini Transat, nutrition, définition et management de projet, technique voile, gestion du sommeil, recherche de partenaires… Le casting a déjà commencé. En mai, une première promotion de huit voileux aura l’insigne honneur de recevoir l’enseignement du module 1 (définition & management de projet). Une dizaine de spécialistes sont d’ores et déjà partie prenante, belges pour la plupart, comme Ecover.
Pour plus d’infos : Pit de Jonge +32 (0) 3232 3719 ecover.ocean.sailing.academy@skynet.be

Posted by sailingchallenge at 11:34 AM CET
Thursday, 19 February 2004
Le business des records (part 2 : les heros)
Document sans titre

Depuis Ulysse et l’Antiquité, la mer produit des mythes et des héros. Les grands découvreurs d’océans, les explorateurs, les corsaires, les naufragés plus ou moins volontaires, les clippers, les paquebots, les marins d’exception, les aventuriers solitaires. Aujourd’hui, la navi-réalité et ses transmissions satellites en direct live ne fait pas exception. Derrière la video en streaming ou le positionnement temps réel, l’imaginaire est encore pour un moment au pouvoir...

Exploit ou record, ou les deux à la fois : l’assurance d’une forte couverture media. L’ennui, c’est que, par définition, le résultat est plutôt imprévisible. Bien loin des projections stratégiques et des retro-plannings du top level management en communication. Malgré ce risque, on constate bien souvent que l’audace paie.

Etude de cas emblématiques.

Francis Joyon. Un cauchemar d’attachée de presse, tant le marin fuit les micros et les mondanités. Mal parti donc pour être l’oriflamme claquant au vent du large d’un sponsor à l’esprit étroit. Qu’à cela ne tienne : une obscure PME provinciale le soutient dans son projet fou de tour du monde en solo sans escale sur un trimaran de 27 mètres. Le premier objectif est tout simplement d’arriver. Personne ne croit possible qu’un homme seul puisse affronter le Pacifique Sud avec un multi-coques conçu pour 6 équipiers, puisqu’il s’agit de l’ancien Sport Elec de Kersauzon qui n’a pratiquement pas été modifié pour l’occasion (à part un nouveau safran). L’amiral avait d’ailleurs remporté le Trophée Jules Verne en 97 sur ce bateau en 71 jours, soit une journée de moins que Joyon ! Résultat final : 72 jours, 22 heures, 54 minutes et 22 secondes, soit 20 jours de moins que le précédent record en solo détenu par Desjoyaux (en monocoque, certes)

Qui est Idec ? Basée à Blois, Ingénierie Développement Environnement Construction offre des solutions clés en main pour les projets d’immobilier d’entreprise. Fier de ses 60 salariés et de ses 30M€ de CA, son PDG, Patrice Lafargue, explique qu’ « il s’agit d’une aventure où nous retrouvons nos valeurs d’entreprise : la volonté de dépassement, l’envie d’explorer de nouveaux territoires, le besoin de communier avec la nature ». On pourrait ajouter à ce catalogue de lieux communs à usage des dircoms en mal d’inspiration, la technologie au service de l'homme, l'esprit de conquête, l'innovation, le développement durable ou encore le respect de l'environnement...

Le budget est dérisoire pour un projet de cette importance : 680 000 €. Les retombées, maximales : Idec a fait le tour du monde de la presse spécialisée et généraliste, des centaines de sujets que Mer&Media, l’agence de RP en charge du budget com, aura l’insigne honneur de traduire en équivalent achat d’espace. Mais pourquoi faire ? L’entreprise annonce l’ouverture d’une filiale espagnole depuis juin dernier, IDEC Iberica. Un peu faible pour capitaliser sur une fabuleuse notoriété mondiale ; visiblement, le coup de coeur du patron a été largement dépassé par les évènements... Au demeurant, le secteur du batiment et de l’immobilier arpente les pontons depuis un moment ; on se souviendra de Pierre 1er et Florence Arthaud, Foncia en 60 pieds ou ART en Figaro.

Jean-Luc Van Den Heede. Quatrième tentative pour VDH de battre le record du Global Challenge : le tour du monde à l’envers contre les vents et courants dominants détenu par Philippe Monnet en 151 jours.

Bel exemple d'adéquation entre un partenaire et son skipper. VDH est l’ami intime de Michel Adrien, fondateur du groupe éponyme, spécialisé dans la transformation des produits de la mer. Ancien marin-pêcheur, il a bâti en partant de zéro un véritable empire du poisson qui comprend 2000 salariés et 11 sociétés réparties entre la France, le Sénégal et le Pérou. VDH est lui aussi un patron et pas seulement sur un bateau. Avec sa société VDH Armement, il organise des conférences et propose du coaching, fort de ses 5 tours du monde et ses podiums au Boc Challenge et Vendée Globe.

Entreprise mondiale, secteur professionnel évident, profil du skipper adapté, moyens financiers, projet mediatique : l’équation parfaite ? Sans doute, oui, mais voilà : Adrien vend avant tout aux professionnels de la distribution. Difficile d’amadouer les tueurs de centrales d’achat avec les aventures de VDH doublant le Cap de Bonne Espérance. Heureusement, le fiston, qui s’occupe de l’usine du Pérou, a le sens du marketing. La filiale Adrimex propose maintenant des barquettes de crevettes en hypers sous la marque Adrien. Capitalisation, création et installation de la marque vers le grand public. Adaptation réussie d'un parrainage sous le signe que d'une indéfectible amitié.

Côté coulisses, le naturel vendéen revient au galop : on ne communique pas sur le budget, tout au plus concède-t-on qu’il se répartie à égalité entre le bateau et la communication (ratio classique en sponsoring voile). Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne lésine pas sur les relations publiques. En interne, liste de diffusion avec news en temps réel (VDH en mer envoie des Emails) ; journal interne spécifique distribué également aux partenaires et à certains clients ; sorties en mer pour tout le personnel, conférences/présentations, objets pubs (partenaire secondaire ArmorLux : fringues logotypées…).

En externe, invitations à des évènements ponctuels (baptême, départs…) traités sur un mode VIP (personnalisation client, WE haut de gamme…) ; pour les salons professionnels : plaquettes spécifiques, maquette du bateau... L’original a d’ailleurs été exposé à l’entrée principale du Salon Nautique de Paris. Et d’autres évènementiels, comme des expos dans des centres commerciaux de la région nantaise.
L'image est gérée par Riva Com basée à Brest, société dont Kersauzon est actionnaire : prises de vue hélico, transmission vacation radio/interview en mer, RP… Et ça marche : en 2002, 950 articles de presse, 5h de télé et 4h de radio ont été pigé sur le sujet. Cette année, VDH a eu droit entre autre à un 1’30 au journal de 20h00 de TF1 pour le passage du Cap de Bonne Espérance, avec comme envoyé spécial en Afrique du Sud Rémy Pelletier, le grand gourou de la voile cathodique...

Ellen MacArthur. Kingfisher a inventé la première marque-skipper de niveau mondial. Prince du marketing voile, le groupe anglais se distingue très largement dans l'exploitation de son produit vedette. Elle est partout. Promue par son team sportif, Offshore Challenge qui s'occupe également d'un projet Vendée Globe et de la nouvelle ex-Transat Anglaise. Merchandisée en produits dérivés sur son propre site avec comme promesse d'achat "you can make it happen" : le DVD The Ellen MacArthur story part 1 1998-2004 à 16,99 livres, le livre Taking on the world à 17,99 livres, lui-même décliné en video et en version audio, sans oublier le jeu video adapté de Virtual Skipper 3 (34,99 livres seulement). Déclinée en marque par son sponsor principal avec deux base lines, pour le marché français : "à donf " et pour les anglo-saxons : "You can do it" (one more time…)

Le stratège européen du bricolage avec les marques leaders B&Q (UK), Castorama (FR) et Hornbach (DE) a poussé très loin la réflexion, avec le lancement de son nouveau trimaran de 75 pieds B&Q - Castorama qui a pour principale caractéristique d'être double face, français à babord et anglais à tribord ! En bon dramaturge, Kingfisher a baptisé le bateau à Sydney le jour de l'ouverture du Schroders London Boat Show, principal salon nautique anglais, où la cérémonie a été retransmise en direct par satellite. Mieux encore, au même moment, la reine d'Angleterre baptisait le Queen Mary 2, ce qui a incité la presse mondiale à faire un comparatif de performances entre les deux bateaux… Trop fort !

Combien ça coûte ? C'est pas cher : 1,5 M€, autant dire rien par rapport aux retombées media qui ont déjà eu lieu alors que la peinture est à peine sèche… Ellen va s'attaquer au record des 24h00, à la traversée de l'Atlantique Ouest-Est, au Tour du Royaume-Uni et au Shangai-Londres s'inspirant de la route des clippers du 19ème siècle. Le record du tour du monde solo n'est, plus, pour l'instant, une priorité… Et on murmure déjà qu'elle aurait un projet de trimaran 60 pieds ORMA pour 2005. Point de pétole pour l'idole…
Au fait, une maigre consolation : Kersauzon avait déjà inventé le capitaine-sandwich avec un célèbre déodorant d'hypermarchés…

Yves Parlier. Avec lui, on ne plaisante plus. Les autres ont des projets sportifs, lui c’est un plan quinquennal d’industrie hauturière, une sidérurgie navale de haute technologie, le secteur secondaire de l’ingénierie abysso-économique...
L’Hydraplaneur, déjà mythique ne serait-ce que par sa terminologie, n’a pas encore navigué que déjà tous les superlatifs ont pris le large. Six ans d’études, une équipe de 40 personnes à plein temps, un budget de 15 millions d’euros, des options technologiques jamais vues : ça va saigner !

Les forces en présence : Mediatis, Conseil Régional Aquitaine et France Telecom. La répartition s’établit ainsi : 5 M€ pour Mediatis, 4,5 M€ au Conseil Régional, environ 3 M€ pour FT et le solde à une myriade de petits partenaires.
De quoi s’agit-il ? L’hydraplaneur est un catamaran formé de coques à redan, utilisées jusqu’à aujourd’hui pour faire décoller et amerrir les hydravions. D’après les calculs, à pleine vitesse, chaque coque n’aura plus que 3 m2 de surface en contact avec l’eau. Chaque flotteur supporte un mât pivotant de 22 mètres de haut. Deux mâts, donc. Dixit Parlier , le bateau pourrait atteindre les 50 noeuds, voire plus... !

Mais revenons à nos bailleurs de fonds. L’inévitable FT en fera sa vitrine technologique en matière de télécommunications, un laboratoire flottant de pointe. Aquitaine Innovations, l’autre nom du bateau, est une émanation politico-économique de la Région Aquitaine, partenaire heureux du mythique Vendée Globe 2000. La nouvelle star du sponsoring voile s’appelle donc Mediatis. Société de crédit à la consommation, filiale des Galeries Lafayette, elle affiche 350 000 clients européens au compteur et gère un encours de 1,45 milliards d’euros. Du solide. Examen des motivations stratégiques. Langue de bois habituelle d'un patron, en l'occurence Jean-Pierre Charles, inspirée par son coach en communication glamour : « Très vite, nous avons été sous le charme (sic) de son projet et nous avons conclu ce partenariat ». La négociation a duré en réalité plus de 8 mois d’allers et retours d’avocats pour formaliser leurs engagements mutuels sous la forme d’un document de 50 pages.
Pourquoi tant d’afféterie ? Mediatis n’a pas toujours tiré le ticket gagnant, notamment dans le foot bordelais soutenu en 99-2000 et qui n’a pas amélioré d’un degré leur notoriété. Aujourd’hui, les objectifs sont musclés : doubler en deux ans la notoriété spontanée de l’entreprise qui affiche un score de 16%. Donc, le bateau s’appellera Mediatis. Et il faut que ça rapporte. Derby, l’agence conseillère en marketing sportif a négocié les droits d'’image d’Yves Parlier pour le décliner dans tous les supports de pub maison, comme les encarts de magazines télé, les mailings et les newsletters. Le site Internet proposera les aventures du navigateur et même des jeux-concours dédiés. Quant à la télé, Mediatis devra quand même passer à la caisse pour rémunérer le skipper s’il parle de ses produits en prime time. De son côté, celui-ci a imposé l’interdiction totale aux clients de poser un orteil sur son bijou. Ils devront se contenter d’une visite à terre ou de le voir de loin sur un bateau accompagnateur.
A quoi sert ce bateau ? Demandez le programme : records de vitesse à battre en tous genres. Traversées de la Manche, de la Méditerranée et de l'Atlantique, et la distance parcourue à la voile en 24 heures.
Mais le plus beau coup de génie du maître, c’est d’avoir réussi à faire homologuer son bateau par la classe ORMA. Utilisant des vides juridiques du règlement, son catamaran de 60 pieds pourra participer aux courses océaniques et aux Grands Prix. Effet démultiplicateur garanti. Non content d’être une machine à exploser les speedos, il sera de facto la vedette attendue des grands évènements nautiques plébiscités par les télés. La Transat Anglaise en mai, puis la Québec- St Malo, et puis, et puis... Parlier étant déjà considéré comme le nouveau Tabarly, c’est un carton programmé en retombée media, jackpot garanti, la martingale de rêve...
Chapeau bas, l’extraterrestre. Pour un peu, on en viendrait à se faire naturaliser martien...

Cyril Gouyette




Posted by sailingchallenge at 12:17 AM CET
Wednesday, 18 February 2004
Dans la s?rie : nos anglais pr?f?r?s (2), les givr?s ne sucent pas que de la glace...
Untitled Document Dominee Mee est un ancien Marines de la Royal Navy. Les entra?nements commandos dans l'eau glac?e avec combats ? main nue en apn?e contre des ours polaires anabolis?s, il conna?t : la routine, quoi. Nettement insuffisant pour satisfaire sa soif de croisade contre ses ennemis int?rieurs, ? savoir quelques prions ratatin?s de vaches folles anglaises qui lui rongent tranquillement le cortex et que seule la prise massive de substances hallucinog?nes pourrait, ? la rigueur, ramener ? une certaine forme de lucidit? incantatoire. C'est mieux en vrai.

R?sum? des ?pisodes pr?c?dents.

Parti en 2003 pour rallier en kayak l'?le de Baffin (Grand Nord canadien) sur les traces de Sir John Ross en 1829, son exp?dition solitaire a tourn? court apr?s l'attaque fulgurante d'un b?uf musqu? (musk ox ), sympathique animal ? cornes d'environ 350 kg, qui ne souhaitait visiblement pas d'?tranger sur son territoire. Apr?s avoir ?t? incarc?r? dans la glace, affront? l'hypothermie et gard? les ours ? distance le fusil ? pompe ? la main, celui-ci ne s'avoue pas vaincu et lance son nouveau d?fi : The Quest.

Il s'agit tout simplement d'un tour du monde ? la voile de 43 000 miles, mais en passant par les deux p?les, le tout sur un voilier en carbone (!!) de 28 pieds (environ 8,5 m?tres)... Le bateau s'appelle ?videmment Execalibur, qui, selon ses propres termes, "est v?ritablement l'?p?e de la Qu?te"

La facture du projet s'?l?ve ? 500 000 livres (760 000 euros) ; pr?s de 150 000 livres ont d?j? ?t? r?colt?. Voil? le bon plan de l'ann?e prochaine pour les sponsors qui n'ont pas froid aux yeux et qui souhaitent s'ouvrir le march? des Innuit : demandez Dom au 0771 2180945.

Cyril Gouyette


Posted by sailingchallenge at 5:21 PM CET
Updated: Wednesday, 18 February 2004 5:23 PM CET
Tuesday, 17 February 2004
Dans la serie : nos anglais preferes, les records francais se decident au bistrot...
Document sans titre

David Scully, éminent éditorialiste à Yachting World (la version originale UK) ajoute une pierre à l'édifice immémorial de l'amitié franco-anglaise dans un article daté du 14/02 où il est question de ces mangeurs de grenouilles qui, le pastis à la main, décident d'imposer un péage à l'entrée du Stiff pour avoir le privilège de faire un tour du monde, de préférence en plus de 80 jours... Non mais...

" The gist of it was that Regis Rassouli, secretary of the Jules Verne Association, had objected to the use of the words Jules Verne, with reference to the record we are trying to set. Apparently, to compete for the Jules Verne Trophy, you have to have joined the Jules Verne Club, which has an annual subscription fee of E30,000 for new members, and E11,000 thereafter. Charter members of the Club are Titouan Lamazou, Florence Arthaud, and a few other French sailing types who were in the bar when this idea occurred. It makes me laugh, because as I remember it, the French off track betting shop, PMU, came up with the idea of offering a million euros to anyone who would break the around the world record. This notion that you could sail around the world and make it pay was music to the ears of underfunded circumnavigators. Me, for one. But for Florence and Titiouan, the first riding high on the tide of public opinion, the second on a flood of de-fisc tax funny money, this was a desecration of the moral ideal of a sailor, and they raised such a fuss that poor old PMU withdrew their offer and left the field to the zealots.

Both tides ebbed before these two could make any sort of attempt on the record, but flotsam remained in the form of this trophy. After a lull, Bruno Peyron sparked interest with his splendid 80 day effort. Others followed, and this year there are no less than three maxi's vying for the RTW record. So how about this entry fee? Over the years, RTW competitors have paid varying and nominal amounts of money to be eligible to receive the JV trophy. But last year the Club scored a windfall by successfully stinging Ellen MacArthur's Kingfisher sponsor for E30,000. Are they just increasing prices in response to demand? Fair enough, and if you actually break the record you get your name on the trophy, and probably a glass of champagne at the Paris YC. Anyway, the funny thing is that the charter JV Club members, totally negative on allowing the challenge to be sponsored, are evidently keen on the idea of getting a return on their intellectual property by taxing potential contenders. Unfortunately, when Hernan Magellan Arthaud, Bartolomeo Diaz Lamazou, and Vasco de Gama Peyron were out establishing the RTW franchise, they were unable to land exclusive rights, so you can still actually sail an RTW course for free, if you want to save on the frills. Or, buy us a couple of pints, (the whole crew, that is), and we may let you start at the Cheyenne RTW start line at Le Stiff lighthouse. This is just a few miles east of the higher priced real estate at the JV start. It's cheaper, you still get the official WSSC record, and you get six miles more racing for your money. "

Yachting World, 14 February 2004

 


Posted by sailingchallenge at 10:05 AM CET
Saturday, 7 February 2004
Pluie de dollars sur la chasse aux records (part 1 : les Maxis)
Document sans titre Les records sont devenus une discipline sportive ? part enti?re qui poss?de sa classe, la World Sailing Speed Record Council . Celle-ci ne recense pas moins de 73 temps de r?f?rence pour les courses oc?aniques, en dehors des c?l?bres records des 24h00 et tour du monde sans escale...
De la performance humaine et sportive, on a successivement gliss? vers l'escalade technologique, l'exploit mediatique, le mod?le ?conomique g?n?rateur de profits et m?me la g?opolitique. Aujourd'hui, c'est une savante combinaison parfaitement huil?e de ces param?tres qui donne naissance non pas ? des projets sportifs mais ? des multinationales ? contrat d?termin?.

On peut classer ces entreprises en trois cat?gories principales :

- l'exploit humain et mediatique
- le laboratoire flottant et mediatique
- la course technologique ? enjeu ?conomique

Dans le premier cas, on trouve des gens comme Jean-Luc Van Den Heede ou Francis Joyon ; dans le second, Yves Parlier, et dans la derni?re, la Classe Maxi ou G-Class et les jouets co?teux de milliardaires anglo-saxons.
Et ? cheval entre l'humain et la techno-fric, on trouve l'hybride Ellen Macarthur.

En dehors des fils ? papa, tous les skippers de ces ?normes projets technophiles ont un point commun : ce sont des stars des media. Yves Parlier, l'extraterrestre du Vend?e Globe 2000 : 300 000 personnes pour l'accueillir aux Sables d'Olonne, des milliers d'articles et de reportages, un ph?nom?ne sur le Web avec les contributions et les pol?miques sur la meilleure fa?on de p?cher une dorade, bref, le d?lire. On oublie un peu vite qu'il poss?de un palmar?s exceptionnel.
Ellen Macarthur , la seule anglaise ? se faire aimer des fran?ais (apr?s Lady Di ?videmment, mais celle-ci ?tant indisponible...) apr?s son exploit du Vend?e (d?cidemment...) et de la Route du Rhum.
Kersauzon, b?te de sc?ne radiophonique, animateur t?l? , chauffeur de salle, nouvelliste de comptoir ? Brest, ancien second de Tabarly a réussi à persuader Schneider de signer un chèque de 11M€ sur 4 ans.
Bruno Peyron, un v?ritable expert des media : ami proche de l'ancien journaliste qui a fond? l'agence de RP s'occupant de ses int?r?ts, ce dernier ayant eu la bonne id?e de relancer un titre sur la course oc?anique qui fait r?f?rence...
Tracy Edwards, ancienne h?ro?ne de la Whitbread de 1989 avec son ?quipage exclusivement f?minin qui a profond?ment marqu? les esprits, d?tentrice du record des 24h00 (697M).

Principe n?1 : confier la barre ? une star pour que la couverture media soit g?n?raliste et permettre ainsi une appropriation par les consommateurs cibl?s.

R?sum? des forces en pr?sence chez les Maxis :

Les milliardaires : Cheyenne, maxi-catamaran, Steve Fosset ; Mari Cha IV, monocoque g?ant, Robert Miller

Les stars : Geronimo, maxi-trimaran, Olivier de Kersauzon ; Orange 2, maxi-catamaran, Bruno Peyron ; Maiden II (ex Club Med), maxi-catamaran, Tracy Edwards ; Team Adventure, maxi-catamaran, Cam Lewis...

Qui sont les sponsors ? Les partenaires ont g?n?ralement une double nationalit? ou, ? d?faut, une pr?sence mondiale (sous-entendu fran?ais, car nous dominons largement la course au large, du moins en terme de talents individuels ; on ne se refait pas). Orange est franco-anglais, Kingfisher est anglais avec B&Q et fran?ais avec Castorama, Club Med est mondial.

Principe n?2 : seules les entreprises visant au moins le march? int?rieur europ?en peuvent esp?rer un retour sur investissement.

Bruno Peyron est l'inventeur de cette classe avec la cr?ation de The Race en 2000. La surench?re dans le gigantisme a permis jusqu'alors une rentabilit? quasi-imm?diate des investissements gr?ce aux retomb?es presse ph?nom?nales li?es ? l'exception permanente et aux r?ussites des campagnes de relations publiques vers les comptes-cl?s.

Les pl?tres ayant ?t? tr?s largement essuy?s, place ? la strat?gie. Les partenaires financiers, plus au fait de la meteo boursi?re que de l'art de pr?voir les d?pressions dans le Grand Sud, ont compris tr?s rapidement qu'un record est une science al?atoire, et donc particuli?rement risqu?e (ex : Kersauzon et son anticyclone fatal). En cons?quence, l'esbroufe publicitaire du skipper ne suffit plus : il faut planifier, c'est-?-dire faire en sorte qu'en l'absence de performances, il y ait malgr? tout rentabilit? gr?ce ? une organisation commerciale qui permet des retours locaux d'investissement avec, en prime et si possible, la caisse de r?sonance t?l?visuelle li?e ? la seule existence du projet.

La foudre est tomb?e fin 2003 avec l'annonce de Tracy Edwards qui r?volutionne v?ritablement le monde de la grande course au large.

Elle a jet? un pav? dans la mer avec son projet Maiden Ocean Racing Qatar sur 4 ans et ses 57 M? de budget soutenu par Monsieur HH Sheikh Tamim bin Hamad bin Khalifa Al-Thani, prince h?ritier du Qatar. Pour la premi?re fois, un pays tout entier est sponsor d'un programme de voile ? un niveau mondial et dans des proportions financi?res jamais vues (en dehors de l'America's Cup).

Au programme, l'Oryx Cup en 2005 et The Quest en 2006, plagiat pur et simple de The Race et du Race Tour de Bruno Peyron. Il s'agissait pour cette derni?re ?preuve de rallier des zones ?conomiques ? fort potentiel (Asie du Sud-Est, Ameriques...) en y organisant des Grands Prix mediatis?s pendant la dur?e de l'escale. Business et audimat au niveau mondial: l'assurance de d?bloquer des budgets...

L'Oryx Cup partira fin janvier 2005 d'Angleterre pour y revenir apr?s un tour du monde. Le vainqueur recevra le plus gros ch?que de toute l'histoire de la voile, une r?compense de 1 million de dollars US, avec en plus une prime sp?ciale ? celui qui battra le record du Jules Verne pendant l'?preuve.

The Quest partira en d?cembre 2006 de Doha, Etat du Qatar, pour un tour du monde avec 5 escales au programme.... La derni?re ?tape verra les concurrents rejoindre le Qatar. Ce n'est donc plus seulement le march? du Sud-Est asiatique qui est vis?, mais aussi le Moyen Orient. D'ailleurs, une ?preuve inaugurale promotionnelle partira en d?cembre d'Angleterre via le canal de Suez pour rejoindre Doha, o?, au m?me moment, se d?rouleront les Jeux d'Asie, ?v?nement particuli?rement suivi dans ces r?gions du monde. Les escales pr?visibles sont : Cowes - Doha - Kuala Lumpur - Hong Kong - Sydney - Rio de Janeiro - New York - Cowes.

Le choix strat?gique des escales : les sponsors veulent investir de nouveaux march?s et/ou consolider leurs positions existantes ; les organisateurs ont besoin de financements compl?mentaires et d'un environnement media favorable. Les Maxis n'ont rien invent? : les grandes courses oc?aniques anglo-saxonnes (Volvo, Challenge Business, Around Alone...) lancent syst?matiquement des appels d'offres pour s?lectionner les ports candidats aux escales. Infrastructures, animations, potentiel de public alentour, relais media, n?gociation des droits mais aussi montant du ch?que que la ville est pr?te ? verser directement dans les caisses de l'organisateur !

Quant aux sponsors, le choix des r?gions ?conomiques est leur seul crit?re : Chine, Br?sil, Etats-Unis, Australie, des march?s, des march?s...
M?me l'Europe ne fait pas exception : l'Euro Prix Timberland, un tour d'Europe en ?quipage qui part cette ann?e, s'est construit sur ce principe (en privil?giant la Scandinavie...). Cameraman embarqu? sur les bateaux, relais video satellite en temps r?el, accords avec une cha?ne de t?l? par pays, rien n'a ?t? n?glig? pour assurer le spectacle et les GRP.

Principe n?3 : construire un parcours en fonction du potentiel ?conomique des r?gions reli?es et des conditions de couverture media locales.

Ces 2 ?preuves moyen-orientales seront donc ouvertes aux maxi multicoques de plus de 100 pieds, ainsi qu'aux monocoques de 90 pieds et plus. Chaque ?v?nement sera reconduit tous les 4 ans, et d'autres projets sont d?j? en pr?paration pour des voiliers encore plus grands.

L'heure du recrutement a sonn? et les plus fameux teams de Maxi ont rejoint les rangs de la p?tro-monarchie : Kersauzon, Fosset, Lewis, Thompson (Maiden II) seront sur la ligne de d?part ; sans compter les pressentis comme Offshore Challenge (Kingfischer 2) ou encore Mari Cha IV.

Peyron, fondateur de la Classe maxi, inventeur de The Race, reste donc pour l'instant sur le carreau avec son Orange 2 . Le Troph?e Jules Verne lui donnera du temps pour y r?fl?chir : le monde des affaires est impitoyable...

Seulement voil? : cette initiative plan?taire, vu la concentration d'?v?nements sur 3 ans, risque d'ass?cher le potentiel de sponsorisation des autres courses oc?aniques et notamment la Volvo Race (qu'elle a soigneusement ?vit? de provoquer directement). The Race et The Race Tour semblent ?tre dor?navant condamn?s. En outre, ses implications politiques, vu le contexte international, auront s?rement un impact sur l'image associ?e des sponsors traditionnels.

Moitessier et tes sacs de riz sur Joshua, qu'en penserais-tu ?

Cyril Gouyette


Posted by sailingchallenge at 10:36 PM CET
Updated: Wednesday, 25 February 2004 5:26 PM CET
Monday, 2 February 2004
Les trimarans 60 pieds, une espece en voie d'extinction?
Untitled Document

Merveilles de la technologie, les trimarans 60 pieds sont uniques par leurs performances et le montant d'investissement en etudes techniques, optimisation et maintenance necessaires a leur viabilisation. Trop peut-etre? Un vent mauvais souffle en fortes rafales sur la classe ORMA, l'organisation qui gere leur championnat et surtout sur les armateurs de ces bateaux hors normes. Les armateurs, c'est-a-dire les sponsors associes au sein de l'AIACC (Association Internationale des Armateurs et Commanditaires de Courses) qui regroupe une vingtaine de membres dont les investissements cumules representent au bas mot 45 M?.

Que se passe-t-il? La premiere salve a ete tiree en 2002 lors de la catastrophique Route du Rhum qui a vu 15 des 18 bateaux en course chavirer, sombrer ou demater. Cette hecatombe, sans qu'heureusement on deplora d'accidents humains, a alimente moins la rubrique sportive que les colonnes des faits divers nautiques, avec plethore d'images de vedettes de secours, de cargos deroutes et de coques a la derive. Il s'en est suivi une profonde reflexion sur la capacite de ces voiliers a traverser un ocean, a assurer la securite des hommes et des biens, bref, a assurer une competition sportive saine et equilibree.

Cote sponsor, les preoccupations relevent du retour sur investissement, c'est-a-dire le potentiel de retombees presse positives que ces Formule 1 des mers doivent generer. Le probleme n'est pas dans l'impact mediatique qui ne fait que croitre ou sur l'interet du grand public, il se situe dans le calcul du ratio Equivalent Publicitaire/Investissement a long terme. Depuis quelques annees en effet, les budgets ont litteralement explose. Aujourd'hui, le montant moyen d'une saison est de 2 M? qu'il faut multiplier par trois ou cinq (ans) pour obtenir un impact media efficace (c'est l'equivalent d'un GRP en com, le nombre de cibles multiplie par le taux de repetition).

Seulement voila : l'inflation budgetaire n'est plus proportionnelle a l'augmentation de la couverture media. C'est meme l'inverse desormais. La faute a la demesure technologique (qui accroit d'autant les risques de casse et donc d'absence a l'arrivee d'une course et donc de reduction de couverture media), a des equipes de maintenance de plus en plus etoffee (hors construction du bateau, les charges salariales sont le poste le plus important), a une concurrence plus elevee, a une focalisation des media sur les grandes courses oceaniques au detriment des Grands Prix.

C'est la ou intervient l'ORMA. La defection du public pour les Grands Prix, qui ont pourtant tout pour plaire (ports de plaisance facile d'acces pour les touristes, proximite des bateaux et des skippers qui naviguent tres pres des cotes ou des jetees, periode de week-end...) est due probablement a un manque de dynamisme de la Classe et a une absence d'implication des collectivites locales concernees. Rien n'est fait pour promouvoir sur place l'evenement : pas de signaletique, pas d'explications, pas d'animations ou presque. Spectateurs ignorants et egares, debrouillez-vous! Fait revelateur : l'ORMA est une des premieres victimes de l'evaporation des sponsors. L'operateur 9 Telecom, bailleur de fonds principal, a jete l'eponge et 2,5 M? par an. La rentabilite mediatique ne devait pas etre au rendez-vous...

Mais la saignee est surtout du cote des sponsors de 60 pieds. Coup sur coup, quatre entreprises ont plie bagage en quelques semaines. Belgacom, malgre une superbe seconde place a La Transat Jacques Vabre 2003, abandonne le sponsoring. Bonduelle, malgre ses 1,25 milliards d'euros de CA, se replie sur le mono 60 pour preparer le prochain Vendee Globe. Le manque d'internationalisation du circuit, très franco-français, ne correspondait plus aux marchés de l'entreprise. Tant bien que mal, la classe tente de maintenir à flot le Grand prix de Cagliari en Italie et s'essaie même cette année à une épreuve à Torquay chez les anglais. Mais visiblement, les trimarans, incapables de faire un tour de globe, n'ont pas la mondialisation dans les gènes. La Trinitaine, modeste PME bretonne de 90 salaries, a ete emportee par la tornade financiere. Plus petite equipe du circuit (Marc Guillemot et 2 preparateurs plus ou moins a temps partiel), elle a reussi a garder a flot son navire avec un budget derisoire de 300 000 euros par an... Le bateau est desormais a vendre et Marco a deja trouve un nouveau destrier pour chevaucher l'ecume en 2004 (a suivre officiellement dans quelques semaines...).

Quant a Bayer, des restructurations internes, c'est-a-dire 1000 licenciements secs, ont eut raison de ses veilleites pharmacologiques dans le domaine maritime. C'est, du moins, la version officielle... Le PDG France, lui, fait moins dans le social : il considere que leur investissement annuel (2,2 M?) est disproportionne par rapport aux gains d'image. Il estime qu'il faudrait reduire d'un bon tiers le montant de la facture pour retrouver des niveaux acceptables et surtout rentabilisables. Bilan : le circuit ORMA se retrouve avec un leader inconteste, Franck Cammas, qui vient de mettre Groupama 2 a l'eau, dernier-cri des trimarans qui ne verront pas d'autres lancement avant 2 ans.

Peyron parti chercher fortune du cote de l'America's Cup, Cammas est sans conteste le meilleur skipper sur le meilleur bateau (une fois fiabilise dans quelques mois). Domination totale en vue sur les Grand Prix et absence de rival serieux sur les grandes courses oceaniques, cela ressemble fort a un certain pilote allemand dans sa petite voiture rouge... Il est donc a parier qu'il y ait dans quelques temps un depoussierage des reglements et de la jauge pour relancer l'interet des courses intermediaires.

Mais une chose est sure : le progres technique, lui, avance toujours, ainsi que le desir de se l'approprier pour repousser les limites. Les trimarans peu rentables, des lors ou investir sa soif d'innovation et ses budgets de RP? Dans le No Limits, evidemment. Des bateaux de toutes les demesures pour frapper fort les imaginaires, coloniser les gros titres et battre des records. Le bateau de record, espece en voie de proliferation : admirable outil de Relations Publiques, les clients paieraient pour avoir le privilege de toucher le monstre (du latin monstrare, digne d'etre montre...). Les journalistes courent ventre a terre aux conferences de presse et les medias font leur miel des performances hors du commun satellisees en ouverture des journaux televises. Geronimo et Kersauzon, Fosset et Cheyenne, Peyron et Orange, Miller et Mari Cha IV ont cree un nouveau marche. Detail amusant, on avait conseille a Bayer de developper un tel projet avant leur decision de rentrer en 60 pieds...

Derniere en date, Ellen et son trimaran double face Castorama/B&Q de 75 pieds pour des tentatives de records en solo. Mais l'argent ne fait pas tout : Joyon devrait litteralement pulveriser le record du tour du monde en solo; un temps de parcours a la limite de l'humain vu la taille du bateau. Times a deja compare le skipper a Bob Beamon et son saut legendaire de 1968 : une performance surrealiste; meme les anglais disent qu'Ellen est plutot mal partie pour courir apres ce record. En fait, ils vont encore plus loin : ils disent que c'est tout simplement impossible...



Cyril Gouyette


Posted by sailingchallenge at 10:07 PM CET
Updated: Thursday, 12 February 2004 6:12 PM CET
Sunday, 1 February 2004
La voile : un support universel
Document sans titre

La voile est a la fois une industrie mondiale et un media a part entiere.
Toutes les semaines, un salon international ouvre ses portes quelque part dans le monde. Sur 23 pays organisateurs, on trouve 12 pays d'Europe. L'Allemagne est leader en frequentation, avec 580 000 visiteurs pour les trois principaux salons, suivi par la France avec 450 000 entrees (2002).
Rien qu'en France, en moyenne :
Toutes les trois semaines, un salon ou une manifestation nautique ouvre ses portes;
Tous les jours, un depart de course ou un evenement voile equivalant a une couverture de plus de 1500 jours par an.
Des evenements locaux, des escales, des departs et des arrivees dans les 320 ports de plaisance francais qui attirent des milliers de visiteurs sur les villages de courses et les pontons : 300 000 visiteurs pour le Vendee Globe, 200 000 pour la Transat Jacques Vabre, 700 000 personnes sur les 13 etapes du Tour de France a la Voile ou encore 900 000 visiteurs en deux jours pour la Fete du Nautisme.
Nous etudierons dans de prochains articles comment est traitee l'actualite voile a l'international, comment definir ce support de communication et pour quel usage, comment et ou investir pour un sponsor...

Cyril Gouyette


Posted by sailingchallenge at 7:53 PM CET
Updated: Thursday, 12 February 2004 12:18 PM CET
Wednesday, 28 January 2004
Les cultures de management et la voile de haut niveau
Document sans titre


La comp?tition mondiale est domin?e par deux approches : latine et anglo-saxonne. Les latins, et particuli?rement la France, privil?gient les courses en solitaire ?litistes et la haute technologie risqu?e (trimarans...) ; les anglo-saxons excellent dans l'organisation des courses en ?quipage ? forte popularit?, de longue dur?e qui privil?gient la fiabilit? et les escales ? impact ?conomique.
France : les transats en solitaire ou en double (pas d'escale, solitaire ou double, moins de 15 jours, multis-monos), le Vend?e Globe (pas d'escale, solitaire, franco-fran?aise pratiquement), Circuit ORMA (multicoques 60'), circuit IMOCA (monocoques 60'), circuit Figaro (solo ou double), circuit 6.50 (solo ou double)...
Anglo-saxons : courses autour du monde en ?quipage avec escales et en monos organis?es uniquement selon des crit?res business (zones commerciales mondiales concern?es, logistique et participation des ports d'escale, ?quipes TV embarqu?es, marketing et communication sur sites, partenariats en tous genres), implication du grand public (et donc audience) par la possibilit? de payer son embarquement pour un tour du monde en comp?tition, ?mulation gr?ce aux ?quipes r?gionales et nationales (retomb?es media)...
Volvo Ocean Race (?quipages, escales, monos, +mois)
EuroPrix Timberland (?quipages, escales, monos, +mois)
Sydney-Hobart (?quipages, monos)
5 Oceans Race (solitaires, escales, monos, +mois)
Global Challenge (amateurs, escales, ?quipages, monos, +mois)
Clipper Venture (amateurs, escales, ?quipages, monos, +mois)
La seule exception ?tant La Transat Anglaise - OSTAR (solo, multi-monos, one way) qui a ?t? revendue ? Offshore Challenge et qui s'appelle d?sormais The Transat.
L e management ? l'anglo-saxonne en est, ? mon sens, l'exacte reproduction (qui a influenc? l'autre?) : esprit d'?quipe, disponibilit? de moyens au service d'un objectif commun, pragmatisme; efficacit? en un mot...

Cyril Gouyette


Posted by sailingchallenge at 11:05 PM CET
Updated: Wednesday, 18 February 2004 5:37 PM CET

Newer | Latest | Older